( AFP / SAEED KHAN )
Des victimes de la rupture dévastatrice d'un barrage minier en 2015 au Brésil, pour laquelle le géant minier australien BHP a été jugé responsable, ont assisté mercredi à Londres à une audience préliminaire avant un procès destiné à fixer le montant des milliards espérés en indemnités pour 620.000 plaignants.
"Nous réclamons ce qui nous est dû. Nous espérons une issue juste, car l'impact a été énorme, le crime a été énorme", a déclaré à l'AFP l'une d'entre elles, Marilda Lyrio de Oliveira, originaire d'Aracruz dans l'État d'Espirito Santo.
"Beaucoup de gens meurent de cancer, quelque chose qui n'existait pas auparavant", a ajouté devant le tribunal cette représentante des peuples autochtones de la région, aux côtés d'une dizaine d'autres victimes. "Nous avons des problèmes de santé physique et mentale, car nous ne pouvons plus exercer nos activités d'autrefois."
Le 5 novembre 2015, la rupture du barrage de Fundão, près de la ville de Mariana, dans l'Etat du Minas Gerais (sud-est du Brésil), avait entraîné une gigantesque coulée de boue de déchets toxiques sur 650 kilomètres le long d'un fleuve, le Rio Doce, jusqu'à l'océan Atlantique.
La catastrophe avait provoqué 19 morts, tué des milliers d'animaux et dévasté des zones de forêt tropicale protégée. Le barrage était exploité par Samarco, dont BHP et la compagnie brésilienne Vale étaient copropriétaires.
A l'issue d'un procès titanesque, la Haute Cour de Londres avait reconnu en novembre BHP "strictement responsable en tant que +pollueur+ des dommages causés par l'effondrement".
L'entreprise avait deux sièges à l'époque des faits, dont un à Londres, ce qui explique la tenue ce procès dans la capitale britannique.
L'audience de deux jours ouverte mercredi vise notamment à fixer le calendrier du procès en indemnisation, qui pourrait débuter en octobre 2026 ou au premier semestre 2027, a expliqué à l'AFP le cabinet d'avocats Pogust Goodhead, représentant des plaignants.
Insatisfaites des procédures menées au Brésil, les victimes s'étaient tournées vers la justice britannique il y a deux ans, réclamant 36 milliards de livres (42 milliards d'euros) de réparation.
"La souffrance a été telle qu'elle a brisé notre vie et interrompu nos rêves. Pendant dix ans, nous nous sommes battus pour obtenir justice", raconte à l'AFP Ana Paula Auxiliadora Alexandre, qui a perdu son mari dans la tragédie.
"Qu'une méga-entreprise soit condamnée ici en Angleterre me fait penser que la justice britannique est plus responsable que la brésilienne", ajoute-t-elle.
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